Miren AGUER

Miren AGUER

Comme promis, voici mon récit, d'une superbe aventure. J'y ai mis tous mes hauts et surtout mes bas (lol), mes erreurs (nombreuses!!) qui devraient pouvoir aider quelques novices comme moi en ultras et faire sourire les expérimentés. Si j'ai souffert, j'en garde que du positif: un très beau trail! Grâce à ce trail, j'ai pu me rappeler les basiques en matière de gestion de l'effort et de l'alimentation/hydratation en ultras, voir aussi où j'en étais niveau mental. Bref j'ai appris (même si je n'ai pas toutes les réponses aux questions soulevées), me suis remis les idées en place, exactement ce que je voulais! Prête à re-signer!!! Lundi 16/05, ça y est l’Ultra de Lure est en ligne de mire ! Aie, aie l’entrainement n’est pas bon, je le sais. Enfin entrainement c'est beaucoup dire car je ne pratique ni séance d'endurance, ni fractionné, ni séance VMA, etc...Bref je cours. Bien-sûr en vue d'une telle course, j'avais programmé de faire du déniv, travailler les descentes et faire des sorties longues. En fait, je m’étais inscrite il y a plusieurs mois au sortir d’une blessure au talon d’Achille m’ayant totalement stoppée pendant 1 an et dans un objectif de préparation d'un ultra>100 K en septembre. Mais malheureusement ma reprise a été contrariée et je sais donc que je prends des risques en y allant ! Tant pis ! On va gérer et ça me remettra les idées en place. Mon objectif est donc de prendre du plaisir et de finir sans blessure. Je suis excitée ! Bon Je fais encore 2 petits trails dans les Calanques histoire de tester le matos, enfin surtout les bâtons que je n’utilise jamais (eh oui, pour éviter de me blesser j’ai prévu de les prendre, ils m’aideront à soulager les quadris en descente). Vendredi 20/05 : Goooo, direction Forcalquier. J’arrive en milieu d’après-midi en car. Après l’installation au camping, petit tour dans le village, super joli avec une belle vue depuis la Citadelle, puis direction le retrait des dossards. Bon faudra m’expliquer qui a décidé de la couleur du tee-shirt de l’Ultra lol ! C’est pas grave, il sera nickel en période de chasse  Tout est très bien organisé, c’est fait en 2 secondes avec déjà des sourires de bénévoles et le petit mot d’encouragement. Soirée tranquille vu que j'ai programmé le réveil à 4h15 (oui pour un départ à 5h, j’avais pas prévu de temps mort !) Samedi 21/05 : on y est ! Depuis 3h certains s'agitent dans le camping! Hé les gars le départ est à 5h! Ils s'agitent tellement que je panique et me dit que le départ doit être à 4h! Je vérifie...Mais non, ouf!! Bon vu ma préparation, je n’ai au moins pas le stress de la course à me demander si j’aurais les fruits du travail accompli ! J’avoue que c’est un peu l’inconnu. J’ai fait le 46km de la Ste Baume en mars sans soucis mais avec un début de TFL sur la dernière descente qui devait être autour des 30-35km donc j’angoisse un peu. Les beaux jours arrivent, je veux pouvoir encore courir, pédaler…profiter ! On n’est pas nombreux sur la place du Bourguet à 5h du mat mais l’organisation met toute son énergie pour nous réveiller. Le briefing est fait et le top départ est donné! Enfin, le moment attendu! Départ prudent donc. Il fait nuit, j'adore! J'attends avec impatience le court laps de temps où le soleil se lève, un moment magique ! Comme indiqué lors du briefing, c’est roulant mais je limite ma vitesse et ne m’emballe pas; à la moindre montée je marche, je n’ai pas le choix si je veux boucler. Je m’amuse d’entendre un gars du Val de Loire dire que c’est technique…qu’il vienne courir dans les Calanques !  L’ambiance est bonne. Je crois que c’est sur cette partie qu’il y a la descente la plus raide, top, je fais attention aux genoux mais j’essaye aussi de laisser glisser avec les pierres. Super passage ! J’arrive sans encombre au 2nd ravito en ayant bien gérer mon effort mais probablement pas mon hydratation (je le paierai cher, très cher plus tard). Eh oui, mon défaut, et avec la fraîcheur du petit matin j’ai eu du mal à me forcer ! C'est ça de savoir boire uniquement au bar! Je quitte le 2nd ravito en sachant que les vraies choses commencent là. Je sors rapidement les bâtons car on part pour 8kms de montée, dixit une bénévole qui ne manque pas de nous dire que ça va allait avec un grand sourire. Ce dont je me souviens ? Les feuilles ! Le tapis de feuille ! Habituée à la caillasse, je suis surprise ! On se frappe une montée avec un tapis de feuille de 30cm, j’en ai jusqu’aux genoux, je me croirais dans un snow trail ! On ne glisse pas mais la sensation est la même. Ah oui, et  un aussi petit raidillon où je me demande comment le gars derrière moi, sans bâtons, ne dégringole pas à chaque pas ! Moi je m’en sers comme piolet presque !!! Je me régale, il y a peu de paysage à admirer pour le moment mais la variété du sol et le parcours sont extras ! 3ème ravito, je sais qu’il faut manger. J’innove et teste les lentilles, erreur de ma part?! Je ne pense pas  que 4 cuillères mais qui sait... Je ne saurais jamais car je n’en mangerai plus en course en tout cas. Les bénévoles nous félicitent mais nous annoncent aussi que les feuilles, ce n’est pas fini avec un sourire en coin! Eh oui, ils les ont apportées exprès par hélico ! Trop fooort ! Je commence ma cure de Coca! J'en bois pas sauf en ultra où j'en raffole (pas bon je pense d'ailleurs!). C’est reparti, on grimpe toujours, puis on attaque une grosse descente sur une petite piste/gros single. Au 2/3 un espagnol/italien m’arrête : "on s’est plantés, on est sur le parcours de Marathon". Il ne parle pas français alors dur dur d'échanger. D’autres coureurs arrivent. Conseil de guerre pendant quelques mins : que faire ? Remonter? Pfff, la galère!!!!On sort le profil, a priori c’est crédible de bien descendre. On est plusieurs à s’accorder sur le fait que la signalétique est top et qu’il y aurait probablement un signaleur pour souligner la bifurcation. Je me souviens aussi des panneaux orange vus sur Fbk. On décide de poursuivre…un peu inquiets quand même. Ouf, le signaleur est là et les panneaux avec ! On a perdu l’Espagnol mais on est sur le bon chemin ! Arrivée au ravito 4 ; les bénévoles sont toujours autant aux petits soins, avec le sourire, c’est super. Le soleil aussi mais il ne fait pas trop chaud, je trouve. On est dans la zone où le paysage est magique (où c’est plus loin je ne me souviens plus), on a une vue dégagée et avec le temps magnifique on voit les sommets enneigés. Trop beau ! C’est reparti direction le sommet de Lure avec une montée dans les feuilles, la fameuse des bénévoles du 3ème ravito! Puis c’est pelé mais le paysage est là. Je ralentis et admire le panorama dégagé. OK on a fini de montée, l’angoisse pour moi monte d’un cran car descente = risque de TFL. Prudence donc. J’y vais mollo, je ne lâche surtout pas les jambes. Mais rapidement je vais rentrer dans la 2nd partie de ma course, celle catastrophique. En effet, les premiers symptômes gastriques apparaissent….Je serai donc forcément moins prolixe sur cette 2ème partie que je veux tant oublier ! J'avais beaucoup lu sur ces problèmes en ultra mais je n'en avais jamais connus, eh ben je le souhaite à personne!!! Entre diarrhée, vomissements et coup de poignard m’empêchant de courir alors que les jambes sont là, c’est une horreur ! Je me morfonds. J’alterne marche et léger trottinage en me demandant comment faire passer ça. Je mange une compote qui m’aide à légèrement vomir, ça va déjà un peu  mieux ! J'arrive en marchant au ravito de Saint Etienne. On me propose gentiment de m'assoir à l'ombre. Coup dur, on me demande si j'abandonne! Grrr j'ai l'air si mal?!! "Abandonner", pfff, faudrait vraiment trouver une autre expression car pour un sportif c'est dur d'abandonner! Et pourtant il faudrait parfois, pour être raisonnable! Si quelqu'un a une idée? Bon ça doit faire 15 min que je suis là, OK c'est sympa mais faudrait penser à repartir!! Je pars en trottinant mais rapidement je remarche. Cette douleur sur le côté, elle part pas et m’empêche de reprendre la course. Sur cette section, je vais même jusqu'à faire  2 pauses de 15 minutes pour m’allonger, m’étirer, faire des exos respiratoires mais, non, rien n’y fait hormis que, avec le soleil, je manque de m’endormir la 2ème fois ! Je me fais doubler non stop avec à chaque fois un « Ca va ? » amical. Je m'assois, je repars, je marche, je trottine, je respire profondément, j'appuie sur mon point, je remarche, je m'arrête, je bois. Rien, 0 amélioration!! Je me demande comment je vais pouvoir terminer. Je ne sais combien de kms il me reste car la batterie de ma Garmin est HS donc je n’ai que les ravitos pour me renseigner mais je doute d’être dans les délais. Tant pis, je veux quand même boucler et je me dis que ça doit encore passer en horaires si je me force un peu ! Je me trompe de chemin, en tout 4-5 fois sur le parcours, mais sans conséquence hormis peut-être deux fois où j’ai dû faire entre 400-500m A/R (notamment le long du chemin bordé par un fil de fer qu’il fallait franchir pour grimper). Mais c’est systématiquement ma faute la rubalise était bien là, juste qu’elle ne suivait pas le chemin évident et qu’il y avait un virage à 90°C à faire ! Au point où j’en suis un peu plus ou moins je m’en fiche d’autant que les jambes me portent sans soucis et, avec mes 2 siestes, je ne suis plus à quelques minutes ! C’est juste que je ne suis pas encore hors délais et je ne veux pas lâcher l’affaire. Je peste, il y a beaucoup de parties encore roulantes, la descente est douce donc pas de risque de blessure et moi…je me ballade, je marche grrrrr Une camionnette avec un signaleur, cool, je vais avoir des news! Il m'annonce un ravito à 400m. Il m'encourage avec un grand sourire en me disant que je vais finir!! Sympa vu mon état!! Bon 400m...grrr on n'a pas la même notion, je sors du village toujours pas de ravito et une côte (ouais OK elle ne doit pas être énorme mais là, elle tombe mal!)!!! Mais ils l'ont caché le ravito! Arrivée en haut je le vois, super!!!! Je bois, me pose un peu par terre et repart. Si je me souviens il doit rester 8,5km. Je sens la chaleur mais ça va! Je crois que je suis dans la fameuse zone où on nous avait dit de faire gaffe au coup de cagnard! Quand j'y pense, les organisateurs et les bénévoles nous ont alertés sur tous les points, on peut pas dire qu'on savait pas lol. Ah c'est des erreurs qu'on apprend! Je pense avoir fait 3-4km, j'attends avec impatience de voir Forcalquier. Mais rien. Ça descend et puis...et puis une montée! Mais c'est quoi ce bazar, une bénévole m'a dit que j'y étais dans une petite heure après le ravito. Avec cette côte ça m’étonnerait. Bon ma moyenne ne chute pas vu que je marche mais pour le mental, c'est dur. Et le pire c'est que la côte n'en finit pas!!! Et bien-sur plus d'eau dans le camel back, quelle idiote!! Petit passage au milieu de quelques rochers et là, 2 bénévoles en quad. Allez c'est fini me disent-ils, 1,5km si si promiiiis! Je vois Forcalquier mais je n'ose y croire!! Ben si, je franchis l'arche d'arrivée! Soulagement!!! Toujours avec le sourire, 2 bénévoles me félicitent en me mettant la médaille de Finisher autour du cou. Je vais m’asseoir et boire, me couvre et une fois revigorer, je pars direction le camping. Ça ne va pas, je vomis en cours de chemin. Bon, une bonne douche, coup de téléphone et micro sieste. Je repars au village pour le repas. Il n'y a pas grand monde, dommage, mais l'accueil est super sympa et le repas aussi avec de l’épeautre, j'adore, super idée!! Je lorgne sur les masseurs mais malheureusement ils remballent à 20h, tant pis! J’échange avec d'autres coureurs. On est plusieurs à avoir eu des maux gastriques. Ils misent sur la chaleur. Moi la déshydratation. C'est l'heure de se séparer car certains prennent la route. Retour au camping pour une bonne nuit. Dimanche 22/05: j'ai bien dormi. Au réveil aucune douleur, aucune blessure et l'estomac va mieux. Moi qui hier voulais annuler mes prochaines inscriptions, je reprends du moral autour d'un bon café! Sacrée expérience encore, sacrée leçon. Chaque trail est vraiment différent. Celui-ci restera gravé et j'espère le refaire! Je vais rechercher mon car place du Bourguet et en profite pour encourager les coureurs des courses programmées le dimanche! Je retiendrais: des bénévoles au toooooop, une organisation parfaite  (avant, pendant et après!), un trail très bien signalé (si vous ne voyez pas de rubalise au bout de 150m, faites demi tour !!lol) , un ultra roulant pour les "gens du Sud" qui doit permettre de faire de beaux chronos pour ceux qui cherchent ça ou  un 1er ultra "accessible", sinon un bon entrainement pour des ultras programmés au début de l'été, un tracé très varié tant pour les jambes, les pieds que pour les yeux, des conditions météo idéales (beau, chaud mais faut pas exagérer;-)), un village en fête autour du trail, une bonne ambiance . Un parfait cocktail pour une journée sportive réussie dans une région magnifique!

Ultra de Lure 2016 - 1ère en 13:22:42

2018-10-26T17:10:20+00:00

Ultra de Lure 2016 - 1ère en 13:22:42